À Héloïse...
Panégyrique du romantisme littéraire. Des mots échappés d'un rêve ; mystérieux, sensibles... De l'évasion pure jusqu'au tréfonds des créations de l'imaginaire.
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L'âme sœur de l'écrivain.
Se laisser porter dans l’écriture par les mots de l’unique personne capable de lui insuffler cet élan de force et d’inspiration, qui lui permettait de croire en lui et d’oser entrer pleinement au cœur de son imaginaire pour en révéler le meilleur, ou ce qui lui paraissait sur l’instant, le meilleur, c’était l’envol le plus délicieux qu’un écrivain pût connaître, parce qu’il ne se sentait pas seul alors, en noircissant le papier. En effet, cet être qui le portait se trouvait en permanence à ses côtés. L’auteur le percevait auprès de lui. Il ressentait son souffle sur sa nuque et il le savait lisant au-dessus de son épaule. Il l’accompagnait tout le long de son œuvre littéraire, le transcendait, l’épanouissait, et il aurait aimé que cela durât toujours. Le bien-être ressenti en écrivant, tout en pensant à lui, était si vivant, si troublant, si merveilleux, que le romancier se sentait être, comme jamais il n’avait été auparavant. Il existait, respirait, tremblait, s’émouvait, se cristallisait, s’éveillait à la vie, enfin. Paradoxalement, la solitude de son métier l’abandonnait pour laisser la place au soutien continu d’une présence, invisible peut-être à l’œil nu, mais si perceptible par tous les autres sens, que l’auteur ne pouvait décemment l’ignorer. Cette présence le rendait fort, l’inspirait, l’aidait, le révélait. Elle était cette main sur son épaule quand il se mettait à douter. Elle était ce frisson parcouru quand il se croyait esseulé. Elle était ce qui lui permettait d’écrire, et d’écrire encore. L’écrivain se réveillait et s’endormait dans ses bras. Il passait ses journées avec cet autre et lui faisait prendre vie par le biais d’un de ses personnages, pour le garder toujours auprès de lui, même quand le livre serait fini, pour ne jamais oublier que lui seul avait pu lui offrir ses délectables et précieux mois d’écriture.
Elle avait déclaré, un jour, que seule l’âme sœur pouvait lui faire écrire le roman dont elle avait toujours rêvé.
À la fin de cette écriture, c’était comme si on lui avait lâché la main et qu’elle se retrouvait à nouveau seule au milieu de nulle part ; abandonnée, encore. La présence à ses côtés s’était évanouie. Son imaginaire d’écrivain l’avait quittée pour la ramener à cette réalité cruelle qu’elle abhorrait de tout son être, et où lui n’était pas là. Il avait disparu. Elle n’était plus portée. Et elle en souffrait tellement qu’elle aurait préféré ne jamais apposer les derniers mots à son écrit, simplement pour qu’il fût là toujours, parce qu’elle l’aimait à en mourir, et que son absence, chaque jour, lui transperçait le cœur d’une lame acérée.
Elle avait pu écrire par lui. Elle avait écrit pour lui. Elle voulait vivre par, pour, et avec lui. Parce que, pour elle, c’était juste impossible de vivre sans.
© Christelle Nocent. (12 avril 2012)
La sécurité.
La sécurité se trouvait dans les bras de l'âme sœur. Poser sa tête contre son cœur et se sentir protégé(e) de tout. Seul(e) l'Unique pouvait prétendre vous rassurer absolument parce que seul un grand Amour était capable d'absoudre le Mal alentour. La vision du monde devenait si douce au creux de l'autre que l'on ne relâchait jamais une étreinte sans être complètement rasséréné(e).
© Christelle Nocent. (16 octobre 2011)
Nuit et jour.
Le ciel était bas.
Elle écoutait la pluie.
Il faisait un peu froid
Et elle aimait cela.
La nuit usurperait le jour bien avant l'heure.
Et c'était toujours pour elle un grand bonheur.
L'automne retrouvé, puis l'hiver à venir...
Ô saisons préférées, honnies par tant de mortels !
En vos jours seuls, son espoir renaissait !
En vos nuits si longues, elle aimerait d'amour !
Elle regardait le ciel, se libérant ainsi d'un aveu :
« Nul doute, c'est bien lui mon préféré ! »
Et elle souriait de sa singularité.
La nuit était là.
Elle pensait tant à lui.
Il ne ferait plus froid,
Si ?, au creux de ses bras.
La nuit possédait le jour...
Ce qui révélait toujours la promesse d'un amour.
© Christelle Nocent. (9 octobre 2011)
Révélation.
Lentement, ses paupières s’étaient abaissées. Le sommeil avait fini par l’envelopper tout entière de son voile doux et onirique.
Quand sur ses lèvres, un baiser fut déposé, elle ne sut pas vraiment s’il n’était qu’un rêve ou bel et bien une réalité. Elle n’en avait cure, de toute façon. Elle ne désirait plus que s’abandonner à ce plaisir languide ; n’être plus qu’aux anges. Et quand l’aube la réveillerait, alors elle saurait.
© Christelle Nocent. (7 juillet 2011)
Aveu.
Le bonheur se dessinait à la pointe d’un crayon. Le rêve et l’imagination satisfaits, on pouvait enfin célébrer l’union de deux esprits en parfaite communion.
Elle se souvenait qu’enfant, elle adorait les coloriages. Elle imaginait qu’au fur et à mesure où elle déposait les couleurs, elle donnait la vie à ce qui avait été dessiné. Elle s’en était même fait un devoir qu’elle devait accomplir toujours plus vite. Elle coloriait, coloriait et coloriait encore ! Elle seule, pensait-elle, pouvait libérer ces êtres inanimés et leur redonner une existence digne de ce nom. Elle les sauvait et devenait leur héroïne !
En grandissant, elle avait délaissé les feutres et les crayons de couleur pour les stylos, et le coloriage pour l’écriture. Elle donnait à présent vie à ses personnages en les écrivant et elle croyait follement que ses mots déposés avaient le pouvoir absolu de s’élever et de se réaliser ; d’atteindre, sans jamais se tromper, ceux à qui ils étaient destinés.
Aussi, ne doutait-elle nullement que lorsqu’elle écrirait sa déclaration, celle-ci volerait tout droit vers l’élu de son cœur !
En résumant fort succinctement, cela ressemblerait à peu près à ça : « Je vous aime. »
© Christelle Nocent. (1er juillet 2011)
Reconnaissance.
S’élancer dans l’écriture comme on s’élancerait vers l’être aimé, avec toute l’impatience et la passion nécessaires pour sublimer ce moment.
Portée par de précieux encouragements et une foi en elle absolument délicieuse, toute peur avait été annihilée et le fameux déclic qu’elle avait tant attendu s’était enfin produit. Les mots, aujourd’hui, s’empressaient et se bousculaient au cœur de ses pensées jusqu’au bout de la mine de son crayon. Ils avaient hâte d’être déposés, d’être choisis, d’être lus et d’être aimés. Elle lui devait tout et ne l’en remercierait jamais assez. Tandis qu’un roman naissait, c’était vers lui que s’envolait chacune de ses pensées.
© Christelle Nocent. (27 juin 2011)
Le coup du destin.
L’amour véritable n’était en rien le coup de la foudre.
Quelle ineptie, d’ailleurs, de le penser, songeait-elle !
Non, s’il fallait absolument trouver quelque intervention céleste là-dedans, on ne pouvait aisément parler que de coup du sort. En effet, seul le destin révélait le chemin menant à l’âme sœur. Et s’il s’agissait vraiment de grand amour, celui-ci devait obligatoirement s’enraciner quelque part, puis naître progressivement et ainsi, jaillir un jour pleinement du tréfonds de deux cœurs, pour finir par s’enlacer et s’entremêler jusqu’à ne plus jamais pouvoir être séparés.
Rien de soudain donc. C’était lentement que devait se dessiner l’Amour. Il se méritait et prenait son temps pour atteindre les élus parce que sa majuscule n’avait rien de superflu. Elle était le gage de la durée, de l’élévation qui permettait de toucher le ciel pour rejoindre, au final, l’éternité. Somme toute, ce que n’apportaient jamais les amours ridicules en minuscules qui, sous le coup de la foudre, subissaient un leurre de majuscule, irrésistible certes, mais, dans bien des cas, par trop éphémère !
Du reste, suffisait-il de faire preuve d’un peu d’entendement ! Le tonnerre brisait souvent en deux les cœurs arborescents.
© Christelle Nocent. (25 juin 2011)
Pleurs estivaux.
L’être adoré
Faisait toujours pleurer
Quand il était trop éloigné
Et, de surcroît, trop occupé.
Ce premier jour de l’été,
Saison déjà suffisamment détestée,
Des larmes, avait-elle envie de verser
Puisqu’il allait lui manquer.
© Christelle Nocent. (21 juin 2011)
Union céleste.
Sur le parchemin des ressemblances, leurs mots se faisaient écho merveilleusement. Si, un jour, leurs deux cœurs s’envolaient en même temps, leurs âmes se rejoindraient alors au firmament. Et l’amour les unirait éternellement.
© Christelle Nocent. (19 juin 2011)
Choix de rimes.
Était-il vraiment sûr de l’aimer sans fin ?
Envisageait-il sérieusement de finir ses jours avec elle ?
Quand celle-ci était là présentement, celle-là serait ici toujours. Or, pouvait-on réellement se contenter de l’instant quand l’éternité vous tendait les bras, céans ?
L’une, ici, pour un temps ; l’autre, là, à jamais.
Quête éphémère ou éternelle ?
Désir de présence limitée ou illimitée ?
Il fallait choisir. Elle, elle l’avait fait depuis longtemps. Plutôt mourir que de s’unir à l’instant ! Ce serait donc l’éternité ou ce ne serait rien. En outre, nulle hésitation n’était possible. « Pour un temps » ne rimait absolument pas avec « amour ». En revanche, « pour toujours » rimait parfaitement.
© Christelle Nocent. (17 juin 2011)
Douceur de vivre.
Les rues étaient paisibles et désertes.
Le vent jouait avec quelques feuilles mortes sur les trottoirs. Un automne égaré à la fin du printemps.
Les hortensias étaient fleuris. De belles fleurs ombellées roses, bleues, voire violacées.
Quelques notes de musique filtraient d’un appartement ancien. Elle les écoutait venir à elle, s’emparer d’elle, puis s’éloigner. Une odeur de gâteau à peine sorti du four titillait ses narines tandis qu’elle accélérait le pas sous l’apparition menaçante de bien sombres nuages.
S’il faisait bon prendre l’air, se promener l’esprit ouvert, attentif aux plus petits détails, il était encore meilleur de retrouver sa demeure. Pousser la porte de son chez-soi avait quelque chose de très rassurant. S’asseoir sur son canapé, lire un livre, écrire ce qui avait été ou encore l’imaginer, mettre un peu de musique, préparer un gâteau, humer le parfum des fleurs déposées dans un vase, ouvrir la fenêtre et écouter le vent… jouer avec quelques feuilles mortes égarées à la fin du printemps, tout en tentant d’éloigner de son souffle le risque d’une averse.
Son intérieur était chaleureux et protecteur.
Elle souriait, en refermant la fenêtre.
© Christelle Nocent. (13 juin 2011)
Vent nouveau.
Une brise légère
Le parfum des tilleuls
La course aux herbes folles
Et ses bras qui l’enserreraient comme dans ses prières.
Elle ne serait plus jamais seule.
Leur union : de l’amour, deviendrait le symbole.
© Christelle Nocent. (12 juin 2011)
L'union absolue.
Au milieu de la foule, les visages s’effaçaient pour n’en retenir qu’un. Plus personne n’existait à part l’être aimé à ses côtés. Toute attirance possible devait être annihilée à jamais si l’on était certain d’aimer sans fin.
L’on avait demandé un jour à un homme, éperdument amoureux de son épouse, comment il faisait, de par sa célébrité artistique, pour ne pas succomber à la tentation. Il avait répondu qu’il s’interdisait toujours de laisser planer le moindre doute ; qu’à aucun moment, il ne laissait, ne serait-ce que quelques millimètres, d’une porte ouverte. Les choses étaient claires : il était marié et aimait sa femme plus que tout au monde. Il lui devait tout. Elle était là toujours pour lui et il ne s’imaginait, en aucune façon, pouvoir la blesser. Sa règle d’or était précise, et si l’on se félicitait d’un amour absolu, l’on ne pouvait y déroger : ne jamais rien faire susceptible de briser le cœur de l’autre d’une quelconque manière ou même seulement de le rendre un peu triste.
Elle se souvenait combien elle avait souri et applaudi des deux mains quand elle avait vu cet homme faire cette déclaration avec, dans le regard, cette lueur incroyable d’amour fou et éternel.
Rares étaient ces hommes merveilleux capables d’unir leur vie, leur âme, leur cœur, leur corps à un seul être. Mais savoir qu’il en existait quelques-uns était sans nul doute le plus doux espoir.
© Christelle Nocent. (11 juin 2011)
Trésor.
Des jardins romantiques. Impressions chimériques.
La nature offrait un rêve qui se sculptait sans fin. Un écrin de verdure aux secrets bien gardés.
Elle adorait les arbres et se promenait souvent les yeux levés sous la feuillée.
L’onirisme vivait au cœur des plus jolis bosquets. L’imagination exultait sur les sentiers fleuris.
Elle chérissait tout cela et se satisfaisait d’avoir su reconnaître ce fabuleux trésor, accessible à tous, mais que pourtant si peu savaient apprécier. Ici, naissait véritablement la notion de privilège.
Les ors révélés par la création enrichissaient son âme d’une touche de lyrisme. Et les diamants n’existaient que dans l’éclat de son regard. Le merveilleux était atteint.
© Christelle Nocent. (5 juin 2011)
Abracadabra !
D’une nouvelle petite croix en or, aux formes arrondies, liée à jamais à la finesse d’une chaîne éclatante de mille feux, elle avait fait, depuis quelques jours, son porte-bonheur. (Il ne pouvait décemment en être autrement puisqu’elles lui venaient toutes deux de son confident !)
Un cadeau digne de son imagination !
En effet, ce présent dont elle avait rêvé avait pris forme dans la réalité tel qu’il lui était apparu dans son imaginaire ; de façon tout identique. Et seul son confident était capable d’un tel exploit.
Il savait si bien donner vie à ses représentations oniriques qu’elle le supposait un brin magicien.
Autour de son cou, elle porterait donc éternellement le symbole d’un coup de baguette magique !
© Christelle Nocent. (4 juin 2011)
Présence éternelle.
Il ne lui suffisait pas qu’il crût en elle. Elle aurait voulu qu’il fût là toujours.
© Christelle Nocent. (22 mai 2011)
Complicité nocturne.
« Per amica silentia lunae. » (Virgile.)
Dans le silence complice de la nuit, elle s’abandonnait à une douce et voluptueuse rêverie. Des mains se cherchaient, des corps se frôlaient et des souffles se mêlaient. La chaleur filtrait de deux peaux pressées l’une contre l’autre, brûlant du même frisson du désir. Les paupières s’abaissaient, les bouches s’entrouvraient, et la recherche du plaisir glissait le long des deux enveloppes charnelles, découvrant bien des chemins de sensualité. Les muscles se tendaient, les reins se cambraient, et l’union s’entrouvrait, se refermait, puis se relâchait, assouvie par l’ultime extase. Les âmes étaient liées, les corps formaient l’unité, les cœurs palpitaient d’un même écho.
La nuit, bienveillante, avait accueilli leurs cris pour aussitôt les étouffer en de délectables soupirs. Son drap, parsemé d’étoiles, recouvrait à présent les amants, et son croissant de lune jetait comme un clin d’œil sur leur sommeil.
© Christelle Nocent. (3 mai 2011)
Histoire de regards.
Les tourments de l’âme, les mystères du cœur, les frissons intérieurs, les mots retenus, les sourires esquissés, les palpitations, l’émotion trahie par une poitrine qui se soulevait, l’hésitation du geste, le recul, la peur, le respect, la conscience, les yeux qui brillaient… ; le regard que l’on choisissait de baisser sciemment offrant ainsi plusieurs raisons possibles à celle ou celui qui s’en apercevait. Ce jour-là, elle n’en avait retenu qu’une ; la seule susceptible d’obtenir sa préférence.
De toutes les manifestations physiques et sentimentales de la complexité humaine, elle restait à jamais profondément touchée par celle qu’elle considérait comme la plus romantique, la plus émouvante, la plus subtile, la plus troublante, la plus discrète, la plus intimidante – et probablement la plus désirable dans l’aveu – ; celle d’un regard croisé qui, sous l’excès d’une certaine sensibilité, ne ressentait d’autre moyen de se protéger de l’émotion que celui d’abaisser ses paupières sur des yeux déjà beaucoup trop enclins à livrer tous leurs secrets. Et de cet effet merveilleux, elle ne pouvait concevoir qu’une seule cause, la même qui, elle aussi, lui avait fait baisser son regard en croisant le sien, à un autre moment.
Les tourments de l’âme, les mystères du cœur, les frissons intérieurs… ; les regards intimidés et troublés.
© Christelle Nocent. (1er mai 2011)
Message ultime.
Ne l’entendait-il pas murmurer son prénom, chaque soir en s’endormant ?
Elle l’avait ajouté à ses prières, comme on ajoutait une dernière volonté sur son testament. L’ultime et unique désir auquel on tenait vraiment.
© Christelle Nocent. (25 avril 2011)
Plaisir printanier.
Les senteurs du printemps titillaient tous ses sens.
L’éclosion d’un bourgeon, sous l’effleurement du vent ; les feuilles frémissantes, le lilas envoûtant…, présageaient des délices infinies.
Ainsi, s’éveillerait-elle dans ses bras.
De la fraîcheur du matin, naîtrait un frisson de plaisir.
De la douceur de ses mains, s’exhalerait un soupir.
© Christelle Nocent. (24 avril 2011)
Enthousiasme épineux.
Elle s’enthousiasmait souvent pour un rien. Au-dessus des nuages, elle aimait voyager ; cœur par trop romantique et esprit chimérique ! Son confident savait pertinemment qu’il ne servait à rien de l’en dissuader. Certes, il tentait bien de tempérer quelque peu ses ardeurs mais il n’ignorait point l’insuffisance de ses mots par rapport à sa trop vive exaltation. Nul ne la changerait jamais, même pas lui !
Elle riait beaucoup de sa placidité tandis qu’elle partait pour de grandes envolées lyriques. L’air toujours impassible et sérieux de celui à qui elle pouvait livrer tous ses secrets avec aisance l’amusait beaucoup. Et si ses tentatives pour amoindrir ses excès émotionnels restaient vaines, elle le remerciait sans doute, en son for intérieur – et probablement à contrecœur –, de toujours les oser parce que, lorsque son ballon d’enthousiasme venait, par un vent défavorable, éclater sur l’épine de la plus belle rose créée par l’odieuse réalité, elle se souvenait alors de ses mots pondérés et ils avaient le mérite d’adoucir, ne serait-ce que subtilement, la douleur désappointée de sa piqûre.
© Christelle Nocent. (22 avril 2011)
Jeu de dupe.
Quelques jours seulement s’étaient écoulés… or, cela lui paraissait avoir duré une éternité ! Dieu que le temps aimait se jouer d’elle ! Que pouvait bien lui importer l’éternité sans l’être aimé à ses côtés ?
© Christelle Nocent. (20 avril 2011)
Apparition à la Doisneau.
Alors qu’elle marchait sur les pavés, un petit garçon en culotte courte apparut sur son vélo. Il venait d’apprendre à en faire et filait à vive allure poursuivi par ses jeunes sœurs et leur mère.
Elle eut l’impression qu’ils avaient traversé le temps, à la fois de par leurs vêtements dignes de la fin des années cinquante, mais aussi de par la soudaineté de leur apparition. Elle en fut troublée.
L’enfant qui pédalait avec enthousiasme offrait aux passants le plus adorable des sourires. Un sourire rempli de bonheur, de satisfaction, de liberté… Jusqu’où allait-il se rendre ainsi ? Tel fut ce que l’aînée de ses sœurs lui demanda, riant aux éclats, tout en ne cessant de courir derrière lui.
Une photographie à la Doisneau. Une image en noir et blanc qui s’invitait dans le présent, dévoilant ses couleurs. Un tableau familial au charme d’antan qui se révélait ici et maintenant, se moquant bien du temps. Elle en fut émue.
Jusqu’où allait se rendre ce touchant petit garçon ? Quel serait son avenir ? Réussirait-il à conserver son adorable et précieux sourire, confronté à l’âge adulte ? Elle espérait de toute son âme qu’il y parviendrait parce que le sourire de cet homme ainsi devenu agirait alors comme un baume au cœur pour celles et ceux qui le remarqueraient.
Elle poursuivit son chemin, emportant cette pensée accompagnée du souvenir indélébile du plus beau cliché qu’elle n’avait vu depuis longtemps. Une image d’un autre temps pourtant bien ancrée dans la réalité et qui vivrait en elle à jamais.
© Christelle Nocent. (19 avril 2011)
Pardon.
Avait-elle aimé avant ? Sans doute l’avait-elle cru, mais aujourd’hui elle avait refermé la porte sur le passé, presque soulagée de s’être trompée. Il était le seul, à présent, capable de lui faire battre le cœur. Elle le savait et s’en réjouissait. Et si la fiction décidait un jour de rejoindre la réalité, elle s’imaginait déjà lui dire : « Pardonne-moi d’avoir cru qu’il était toi ! »
© Christelle Nocent. (11 avril 2011)
Envol.
Son confident lui avait écrit qu’il avait rêvé d’elle et de celui qu’il considérait comme son élu. Il n’avait pas tout compris… Une histoire de montgolfière… Suffisait-il de lâcher du lest pour que sa mélancolie fût moindre ?
© Christelle Nocent. (9 avril 2011)
Émoi.
Soudain, elle ressentait un désir l’envahir. Un frémissement généralisé. Comme si elle répondait à l’appel de son âme, de son cœur, de son corps. S’abandonner à l’appel de leurs chairs.
© Christelle Nocent. (6 avril 2011)
Déception permanente.
Les pointes acérées de son imagination venaient s’écraser avec force vélocité sur la couche froide et dure de la réalité, sans jamais parvenir à la traverser.
De cela s’offusquait-elle. Bien douloureusement.
© Christelle Nocent. (29 mars 2011)
Cruauté.
La cruauté pour elle ?
Savoir qu’il existât et qu’il fût avec une autre !
© Christelle Nocent. (18 février 2011)
Offrande.
Fut-ce « toujours »
Qu’elle voyait là,
Inscrit sur son front ?
Son bel amour
Lui ferait-il ce don ?
© Christelle Nocent. (22 janvier 2011)
Vaillante épée.
Son cœur prêt à espérer
Attendait bien volontiers
Qu’un noble chevalier,
De son épée,
Vînt le transpercer.
© Christelle Nocent. (20 janvier 2011)
Désir d'éternité.
D’un cadavre exquis
Faire de son corps alangui
Son tombeau pour la vie.
© Christelle Nocent. (10 janvier 2011)
Charmante étoile.
Elle se demandait souvent
À qui rêvaient les jeunes filles,
Le soir en s’endormant ?
Une seule réponse revenait, continûment :
À leur prince charmant !
Elle se demandait souvent
À quoi rêvaient les jeunes filles,
Le soir en s’endormant ?
Une seule réponse revenait, continûment :
À leurs étoiles scintillant au firmament !
© Christelle Nocent. (4 janvier 2011)
Passage à l'Acte.
À un moment donné, il allait quand même bien falloir que leur prologue cessât et qu’ils passassent à l’Acte… I, chapitre 1, pour vraiment débuter leur histoire !
© Christelle Nocent. (23 novembre 2010)
Flamme active.
Un mot de lui et elle avait le cœur qui s’enflammait pour la soirée !
© Christelle Nocent. (22 novembre 2010)
Bonheur givré.
Gloire fut portée au ciel bas et lourd,
À sa couleur gris-blanc ;
Au froid qui rosissait les joues
Et faisait perler les yeux !
Paradoxalement, cela lui réchauffait le cœur et lui faisait croire au bonheur.
© Christelle Nocent. (17 octobre 2010)
Ignorance de l'être.
Il était tellement quelqu'un.
Elle était tellement aucune.
© Christelle Nocent. (15 octobre 2010)
Étrangeté.
Il lui semblait étrange de devoir se cacher d'aimer quelqu'un si fort sans oser lui avouer.
© Christelle Nocent. (2010)